Une mécanique en perpétuel mouvement

Installée dans un parc, la gare du Blanc-Mesnil invitera à la promenade. Voulant désenclaver un espace vert peu visible, le duo d'architectes Berranger & Vincent s'est inspiré du vocabulaire et de la structure des serres et des orangeries pour son projet. À la croisée de différents quartiers, la gare fédérera les habitants autour de nouvelles dynamiques et incitera chaque jour à prendre les sentiers de traverse.


C'est une architecture légère qu'on cherche à développer, à l'image des architectures de parcs ou même des orangeries, des serres horticoles.
Berranger & Vincent, lors d'un entretien à retrouver : ICI


En travaillant le verre, le métal et le bois, Berranger & Vincent créent une ambiance particulière dans la gare. Ces matériaux, traités de manière légère à la faveur de jeux de lames et de facettes traduisent une préocuppation pour la lumière autant que de l'ombre. Il faut imaginer ainsi, en descendant les escaliers de la gare, l'ambiance d'un sous-bois où la lumière ne vient jamais percer brutalement, mais se glisse entre les pas des passagers tout en lui laissant entrevoir le ciel et la végétation environnante.

Creuser le décor et descendre sur le quai

Invitée à proposer une œuvre pour "ce petit bijou de gare" selon ses propres termes, Noémie Goudal imagine une performance vidéo qui serait tournée en un seul plan séquence. Le défi est technique puisqu'il nécessite d'enchaîner, dans un même mouvement de caméra, 5 différentes saynètes. Retransmise en boucle sur un seul écran, la vidéo joue de la durée et de la répétition pour accompagner le passage des usagers et mieux les interloquer. Est-on bien sûr de ce que l'on a vu ?


Ce sont les mouvements de descente et d'ascension qui m'ont intéressée dans ce projet, aussi bien les déplacements des usagers dans la gare que ce moment du projet où l'on creuse des tunnels sans être à l'abri de découvertes...
Noémie Goudal


En filmant l'histoire d'un décor qui se compose et se décompose, Noémie Goudal invite le spectateur au coeur d'un chantier perpétuel. Le temps permet ainsi de se perdre entre la fonction des gestes techniques et la fiction proposée par les décors ; comme dans une des œuvres antérieure de l'artiste Tanker.
Un extrait de Tanker à visionner : ICI


Le scénario est simple, presque dicté par l'ampleur du projet du Grand Paris. Après être descendue dans un tunnel, la caméra fime des machinistes en prise avec une architecture, dans une grotte qui pourraît être là depuis toujours ou construite pour l'occasion. Qu'est-ce qui est construit ou inventé, relève de l'homme ou de la nature ? Noémie Goudal


À travers ses œuvres, Noémie Goudal questionne le paysage et l'architecture comme une construction du regard. C'est en étudiant les strates de l'espace photographié qu'elle s'attache à créer des perspectives éphémères qui questionnent l'image, sa représentation et ses possibles. Dans ce cinéma de l'artifice qu'elle déploie sur le plateau, la maquette qui évoque la gare par sa structure en bois devient un personnage à part entière et esquisse une archélogie de nos imaginaires.