Un cadran astronomique

Creusée à 48 mètres sous terre, la gare Villejuif-Institut Gustave Roussy est l’une des plus profondes du Grand Paris. Une particularité qui n’a évidemment pas échappée à son architecte Dominique Perrault, s’employant à concevoir « un connecteur du monde du dessous au monde du dessus. ».

Lorsqu'on sortira du métro, on sera en contact direct avec l'air ambiant et la lumière ambiante donc on n'aura aucun sentiment d'etre à 50 mètres de profondeur.
Dominique Perrault, lors d'un entretien à retrouver : ICI


Dominique Perrault a conçu cette gare comme un cylindre évidé qui pourrait laisser passer l'air et la lumière. Aucun bâtiment ne la surmonte et elle est pour ainsi dire de plein air, fermement ancrée dans l'espace public. Ouverte sur la ville et l'hôpital non loin, elle l'est aussi sur le parc adjacent et dans un même mouvement circulaire elle lie l'urbain et l'arboré dans le même paysage. Lieu emblématique de la transformation de Villejuif, cette architecture de "qualité architectonique" a quelque chose d'une sculpture minimale, d'un monument au passant ; elle offre depuis le métro une vue directe sur le ciel.

Exodo, pour que la lumière ne s'éteigne jamais.

Plus qu'une gare ou qu'une architecture, c'est autour de cette idée de passage que l'artiste Iván Navarro a conçu son projet empreint d'astronomie. Exodo reprend la forme de deux cadrans solaires posées l'un sur l'autre et joue avec l'idée de lumière chère à Dominique Perrault.

L'aspect magique de ce projet, c'est l'union entre la lumière naturelle et artificielle.
Iván Navarro & Dominique Perrault, lors d'un entretien croisé à retrouver : ICI


L'œuvre prend pour ainsi dire le relais de la lumière naturelle et vient par un jeu de miroir et de néons apporter son éclairage là où l'architecture a posé des planchers et des plafonds, des niveaux pour passer d'une ligne à l'autre. C'est un ciel étoilé en plein souterrain composé de néons et de miroirs qui donnent l'illusion d'une profondeur infinie. Les 118 caissons lumineux, chacun tamponné du nom d'un astre, rythme la course du jour et de la nuit sans jamais s'éteindre. L'œuvre dresse ainsi un pont entre deux réalités, celles du dessous et du dessus, celles du souterrain et du ciel, du jour et de la nuit.

Explorez, en vous dirigeant avec le TrackPad, la capsule 3D / vue en 360° de la gare comme si vous y étiez déjà : ICI

Titre de l'oeuvre : Exodo

Matériaux : caissons aluminium, miroirs, miroirs sans tain et néons

Dimensions : 118 caissons trapézoïdaux de 2,7 m de long, 35,5 cm et 46,3 cm de large et 30 cm de hauteur


Timelaps du chantier

Il faut imaginer d'abord le temps qu'il a fallu pour creuser le puits de 50 mètres de profondeur, le consolider avec une structure en béton armée, ensuite la difficulté de faire se croiser les tunneliers. Le tunellier Allison de la ligne 14 sud traverse en premier le puits de la gare Villejuif IGR pour laisser place au tunnelier Amandine de la ligne 15 sud qui continue son cheminement vers Villejuif Louis-Aragon.

Un ballet de "grosses mécaniques" que l'on peut retrouver le temps d'un timelapse : ICI