Entretien avec Jean-Luc Massey, inspecteur d’académie, inspecteur pédagogique régional de sciences et techniques industrielles de l’académie de Paris

En quoi le Grand Paris Express peut-il alimenter un projet éducatif ?

C’est un projet qui a de multiples facettes, et qui, finalement, concerne tous les niveaux d’enseignement, de l’école primaire au lycée et jusqu’aux formations post-baccalauréat. Et ce qui est passionnant, c’est que nous sommes, avec ces chantiers et ce projet, face à une mine susceptible d’alimenter notre approche pluridisciplinaire. Ce qui répond à l’une des priorités de l’Éducation nationale. Les professeurs peuvent se nourrir d’enjeux qui concernent les techniques du bâti, l’archéologie, les arts, l’architecture, la communication, la géographie, l’énergie, les mobilités, l’économie, l’histoire, l’électricité, etc. Le Grand Paris Express permet aussi de comprendre et de s’exprimer en utilisant les langages mathématiques, scientifiques et informatiques. Avec lui, l’élève lit des plans, se repère sur une carte, réalise des schémas ou des diagrammes. Nous avons, à portée de main, des opportunités pour développer des actions pédagogiques, mener des projets qui permettent aux enseignants et aux élèves de sortir de leurs bouquins. Par exemple, quel est le calendrier des achats de la Société du Grand Paris pour la ligne 15 Sud ?

La Société du Grand Paris vient de réaliser plusieurs outils pédagogiques, allant des « Petites histoires de chantiers » pour le jeune public à des modules de formation clés en main destinés aux lycéens. Quel regard portez-vous sur ces initiatives ?

Leur diffusion commence dans les établissements. J’ai déjà eu des premiers retours enthousiastes de la part d’enseignants de bacs technologiques et de BTS. Ce sont des outils à la fois
ludiques et sérieux, adaptés aux élèves et extrêmement documentés. Rassemblés sur le site « culture et création » de la Société du Grand Paris, ils constituent une panoplie complète, avec des kits pédagogiques pensés pour les CM1 et CM2, des jeux pour les collégiens sur l’efficacité énergétique, des ressources métiers destinés aux lycéens. Je pense que les enseignants s’en saisiront largement. Mais, au-delà de ces outils, j’espère que les passerelles seront nombreuses entre le Grand Paris Express et les établissements scolaires, notamment au travers de visites de chantiers ou encore via des opportunités de stages en entreprises pour les élèves qui sont dans les voies professionnelles, sans oublier le parcours Avenir qui s’adresse à tous les jeunes des classes de 6ème
jusqu’en terminale. Le Grand Paris Express a vocation à devenir un projet de formation.

Pour les acteurs de l’Éducation nationale que vous êtes, pour les enseignants comme pour les élèves, le Grand Paris est-il déjà une réalité tangible ?

Les liens entre les trois académies se renforcent déjà, par exemple au travers de plans de formation interacadémiques. Ce sentiment d’appartenance à un même territoire métropolitain, le Grand Paris, se construit aussi parce que beaucoup d’enseignants qui travaillent dans Paris intra-muros vivent en périphérie et sont eux-mêmes des usagers des transports. Et tous savent que la construction de ce réseau est indispensable, même si la période des travaux engendre des difficultés. Et puis, il y a les élèves, qui seront les premiers concernés par ce nouveau métro. Ces nouvelles lignes vont faciliter la mobilité des élèves. Ils auront plus facilement accès à des lycées qui offrent des formations spécifiques, ils pourront choisir plus librement un CFA ou un lycée professionnel. Le Grand Paris Express ouvrira à ces jeunes de nouvelles formations, et de nouveaux horizons.


Entretien mené en septembre 2017 par la Société du Grand Paris.